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Nous
avons acheté un bien immobilier ancien dans le Finistère,
par l'intermédiaire d'une agence immobilière.
Après avoir démoli des planchers et des cloisons,
nous avons découvert que cette maison est entièrement
contaminée par le mérule. Avons-nous un recours
contre l'agent immobilier ?
La
contamination par le champignon mérule des biens immobiliers
est courante dans la région. Elle l'est d'autant plus
en fonction des caractéristiques techniques du bien
vendu (maçonneries en moellons hourdés à
la terre en particulier).
Les
vices affectant les biens sont généralement
cachés pour des profanes des techniques de la construction.
Ils ne peuvent dans bien des cas être constatés
qu'après démolition d'une partie du bâtiment.
Cependant, ces désordres aussi importants qu'occultes
provoqués par le mérule sur la Bretagne sont
bien connus des professionnels. Aussi, appartient-il à
l'agent immobilier, en sa qualité d'agent réputé
avoir une bonne connaissance du bien à vendre, non
pas d'inspecter lui-même l'immeuble techniquement, ce
qui n'est ni de son rôle ni de sa compétence,
mais d'informer loyalement tant le vendeur que l'acquéreur
du risque de révélation d'une infestation par
le mérule sur ce type de construction, en demandant
la délivrance par le propriétaire d'un certificat
de non-infection parasitaire ou en effectuant toute autre
démarche de portée équivalente de nature
à attirer l'attention des acquéreurs.
L'agent
immobilier est en effet tenu d'une obligation de conseil envers
ses clients qui trouve sa contrepartie dans sa rémunération.
La responsabilité du professionnel peut alors être
engagée pour manquement à son obligation de
conseil. C'est ainsi qu'a statué la Cour d'Appel de
Rennes dans un arrêt en date du 4 décembre 2003.
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