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Je
suis propriétaire d'un appartement que j'ai prêté
à un ami. Nous n'avons pas établi de convention
écrite. Mon ami prétend qu'il n'aura pour obligation
de me restituer ce bien que lorsqu'il l'aura décidé.
Qu'en est-il exactement ?
La
Cour de Cassation, dans un récent arrêt de sa
première chambre civile en date du 3 février
2004, vient d'apporter des précisions intéressantes.
En
effet, l'article 1888 du Code Civil prévoit que le
prêteur ne peut retirer la chose prêtée
" qu'après le terme convenu ou, à défaut
de convention, qu'après qu'elle a servi à l'usage
pour lequel elle a été empruntée ".
Ce texte est d'application difficile lorsque, en l'absence
de convention écrite, le prêt concerne une chose
dont l'usage est permanent, sans terme naturel prévisible.
Tel est notamment le cas du prêt d'un bien immobilier.
Selon
la Cour de Cassation, par application des dispositions de
l'article 1875 du Code Civil, l'obligation pour le preneur
de rendre la chose prêtée après s'en être
servi est de l'essence même du commodat. Aussi lorsque
aucun terme n'a été convenu pour le prêt
d'une chose d'un usage permanent et sans qu'aucun terme naturel
ne soit prévisible, le prêteur est en droit d'y
mettre fin à tout moment en respectant un délai
de préavis raisonnable.
Il
vous est donc possible de récupérer votre appartement
en prévenant votre ami de vos intentions, par lettre
recommandée avec accusé de réception
et en respectant un délai de préavis raisonnable.
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