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Je
viens de recevoir un congé pour vente en application
de l'article 15 de la loi du 6 juillet 1989, pour le terme
de mon bail. Le mandataire de mon propriétaire (l'agent
immobilier) me propose l'achat du logement. Dois-je acquitter
une commission à ce professionnel si j'achète
?
Pour
prétendre au paiement d'une commission, c'est-à-dire
à la rémunération de ses diligences,
l'agent immobilier doit détenir un mandat écrit,
réaliser effectivement l'affaire et la faire constater
dans un acte unique. Ces conditions doivent être remplies
de manière cumulative par l'agent immobilier.
La condition essentielle du droit à commission réside
dans la réalité de son intervention dans la
conclusion de l'opération. Il faut que ce soit par
son entremise que l'opération soit conclue définitivement.
Le rôle de l'agent immobilier dans une vente d'immeuble
est de rechercher un acquéreur et de concrétiser
leur accord sur la chose et le prix.
Dans
votre situation, la question essentielle réside dans
le caractère déterminant de l'intervention de
l'agent immobilier lorsqu'il propose l'achat au locataire,
titulaire d'un droit de préemption légal. La
Cour de Cassation a eu l'occasion de se prononcer sur un cas
similaire à votre situation. Elle a considéré
que l'offre faite à un locataire, titulaire d'un droit
de préemption légal, ne peut être assimilée
à la présentation d'un acquéreur qui
seule ouvre droit au paiement d'une commission (Cass. Civ.
1ère du 14.06.1988). Il est normal qu'aucune commission
ne soit due à un professionnel qui n'a, en aucune manière,
rapproché les parties, ni été à
l'origine de la négociation puisque la loi l'oblige
à proposer l'acquisition du logement au locataire,
au terme du bail.
Vous
pouvez vous fonder sur cette décision de la Cour de
Cassation pour ne pas acquitter une éventuelle commission
que l'agent immobilier pourrait exiger de vous.
Il
faut noter cependant que si le locataire, titulaire du droit
de préemption, se substitue à un acquéreur
trouvé par l'agent immobilier, la situation au regard
du versement de la commission due à l'agent immobilier
serait différente, dans la mesure où son paiement
incomberait alors au locataire.
En effet, en vertu de l'article 15-I et II de la loi du 6
juillet 1989, le bailleur, souhaitant donner congé
à son locataire, doit attendre la fin du bail et respecter
un délai de préavis de six mois. Le congé
est donné par lettre recommandé avec accusé
de réception ou signifié par huissier de justice.
Il doit également être motivé.
Au titre des motifs justifiant un congé, le bailleur
peut invoquer la vente du logement. Dans ce cadre, le locataire
bénéficie d'un droit de préemption et
le bailleur doit lui faire part des conditions de la vente
du bien loué. L'offre de vente faite au locataire est
valable pendant les deux premiers mois du préavis légal.
Dans l'hypothèse où l'agent immobilier, mandataire
du propriétaire, établit un compromis de vente
avec une tierce personne au cours de ce délai de deux
mois et avant que le locataire n'ait donné réponse,
le locataire peut invoquer son droit de préemption
et se substituer à l'acquéreur trouvé
par l'agent immobilier. Le locataire devra alors verser à
l'agent immobilier la commission due à ce professionnel.
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