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Je
viens d'acquérir une maison. D'après mon voisin,
le mur qui nous sépare ne serait plus mitoyen du fait
que le vendeur de ma propriété ne s'est pas
acquitté de ses charges de mitoyenneté. Il m'affirme
que par conséquent il en est l'unique propriétaire.
Qu'en est-il ?
La
mitoyenneté d'un mur signifie que ce mur appartient
en commun aux deux propriétaires.
Un
certain nombre d'obligations découle de la mitoyenneté
pour chaque propriétaire. Ainsi, la réparation
et la reconstruction du mur mitoyen sont à la charge
de l'ensemble des propriétaires en proportion de leur
droit respectif sur ce mur (Code Civil - article 655).
A
défaut d'accord entre les parties et au cas où
le voisin refuserait de coopérer aux frais indispensables
ou utiles à la conservation du mur mitoyen, le propriétaire
peut, après une sommation restée infructueuse,
se faire autoriser en justice à entreprendre les travaux
et demander ensuite au juge de condamner son voisin au remboursement
de sa quote-part.
Mais
le défaut de participation aux frais d'entretien du
mur mitoyen n'entraîne pas automatiquement abandon de
la mitoyenneté du mur.
En
effet, par application des dispositions de l'article 656 du
Code Civil, un propriétaire peut refuser de participer
aux charges du mur mitoyen en abandonnant son droit de mitoyenneté.
Cependant,
celui des propriétaires qui entretient ou reconstruit
seul le mur à ses frais ne devient pas pour autant
unique propriétaire dudit mur.
Pour
perdre la mitoyenneté, il faut y renoncer expressément
et de manière non équivoque c'est-à-dire
certaine. Cette renonciation peut intervenir de deux façons
: elle peut résulter d'un document juridique (acte
de vente
) ou d'éléments de fait dont la
pertinence relèvera de l'appréciation souveraine
des juges du fond.
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