Martinique terre à risque sismique

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 Origine du tremblement de terre

Définition du tremblement de terre
Foyer, épicentre, magnitude, intensité

Jeu des plaques tectoniques

  Le tremblement de terre

Le tremblement de terre (ou encore séisme) provient de la fracture brusque en profondeur de la roche.

Cette fracturation de la roche est due à la très grande accumulation d'énergie qui se libère, en créant ou en faisant rejouer des failles, au moment où le seuil de rupture mécanique de la roche est atteint.

Le tremblement de terre se traduit à la surface du globe terrestre  par des vibrations du sol.



 

Foyer, épicentre, magnitude, intensité

 

le séisme se caractérise par :

un foyer c'est le point d'origine de la rupture de la roche en profondeur ;
un épicentre  c'est le point de la surface terrestre situé exactement à la verticale du foyer, où l'intensité du séisme est la plus importante.
une magnitude c'est la mesure de l'énergie libérée au foyer du séisme. L'échelle de Richter est une des échelles les plus utilisées pour mesurer la magnitude. Théoriquement sans limite, les valeurs les plus élevées observées n'ont pas dépassé 9.
une intensité c'est l'évaluation des dégâts observés sur le terrain en un site donné. L'échelle la plus utilisée est l'échelle M.S.K., graduée de I à XII.
Un même séisme sera ressenti avec des intensités différentes selon la distance par rapport à l'épicentre et selon les caractéristiques locales (effets de site).

Un événement sismique est caractérisé par sa brutalité et l’étendue de la région sinistrée, qui peut atteindre plusieurs centaines de km².

Ainsi, en quelques secondes, des milliers d’êtres humains peuvent être victimes, des villes entières peuvent être détruites et l’activité économique complètement arrêtée pendant de nombreux mois.

En Martinique, depuis le séisme du 11 janvier 1839, la rareté des séismes de magnitude supérieure ou égale à 6,0 ne doit cependant pas faire oublier qu’ils peuvent être très destructeurs, en particulier s’ils sont localisés près des grands centres urbains

Le jeu des plaques tectoniques

 

La croûte terrestre est constituée de plusieurs grandes plaques qui évoluent les unes par rapport aux autres : certaines s'écartent, d'autres convergent, et d'autres coulissent.
Environ 90% des séismes sont localisés au voisinage des limites de ces plaques.

 

En profondeur, les plaques se déplacent régulièrement de quelques millimètres à quelques centimètres par an.

En revanche, dans la partie supérieure de la croûte terrestre (30 premiers km), ce mouvement n'est pas continu. Les failles peuvent rester bloquées durant de longues périodes, tandis que le mouvement régulier des plaques (convergence ou divergence) se poursuit.

Schématiquement le scénario est le suivant : 

La région de la faille bloquée se déforme progressivement (déformation élastique lente) en accumulant de l'énergie, jusqu'à céder brutalement : c'est la rupture sismique provocant le tremblement de terre.

Le cycle sismique peut alors recommencer : après la rupture sismique, les contraintes tectoniques se relâchent, et la faille est à nouveau bloquée, accumulant de l'énergie, jusqu'à la prochaine rupture sismique.

 




 

 
 Tremblement de terre en Martinique
Sismicité des Petites Antilles : contexte géodynamique et historique
Facteurs naturels aggravants : failles, effets directs, effets induits
Causes de la catastrophe sismique en Martinique

 

Sismicité des Petites Antilles  : contexte géodynamique

 

Les séismes éprouvés par les Petites Antilles sont dus à un mouvement de subduction de deux plaques océaniques : la Plaque Amérique s’enfonçant sous la Plaque Caraïbe.  Ce mouvement a donné lieu à la formation de l’arc antillais
La vitesse de convergence est relativement lente (2cm/an), mais le mouvement des deux plaques se traduit par une sismicité qui peut être importante, avec parfois de grands séismes au voisinage du contact des plaques.

 

Sismicité des Petites Antilles : contexte historique

 

En Martinique, il est scientifiquement constaté que les « grands tremblements de terre» reviennent tous les 150 ans. Cette période a une marge d’incertitude, mais l’ordre de grandeur reste valable.
Ainsi, la Martinique a subi d’importants tremblements de terre. Au cours de trois derniers siècles, une vingtaine de séismes d’intensité VI à VIII est répertoriée.
Parmi les séismes les plus violents qu'a connu la Martinique (1727, 1837, 1839 et 1946) celui de 11 janvier 1839 fut de loin la plus meurtrière.

Occasionnant la destruction quasi totale des habitations, le séisme du 11 janvier 1839 a fait plus de 300 morts à Fort-de-France (alors appelée Fort-Royal), sans compter les nombreux esclaves non comptabilisés (étant considérés comme des choses).

Voilà ce que rapportait le Gouverneur de la Martinique au Ministre de la Marine et des Colonies, au lendemain de la catastrophe du 11 janvier 1839, au sujet de la Ville de Fort-Royal :

<<Hier, un peu avant le jour, un horrible tremblement de terre s’est fait sentir ; il n’a pas duré une minute, mais trois fortes secousses ont eu le plus déplorable effet : la moitié de la Ville est renversée sur le sol, et le reste, trop ébranlé pour offrir un asile sûr à la population qui bivouaque en partie sur les places publiques sous des tentes improvisées à la hâte…
L’Hôpital n’existe plus : ce qu’il renfermait de malades a été enseveli sous ses immenses ruines, que des centaines d’hommes travaillent à déblayer. Il ne reste plus que la partie inférieure de l’ancien édifice où s’entassent les blessés que l’on apporte à tout instant du milieu des décombres où on les cherche…

C’était un lugubre spectacle que cette ville perdue dans une sombre atmosphère de poussière noire d’où s’élevait un effroyable cri de terreur et de désolation…>>

Mais le plus fort tremblement de terre ressenti aux Petites Antilles, actuellement connu est celui de 8 février 1843 : son épicentre était proche de l’île de la Guadeloupe, sa magnitude estimée entre 7,5 et 8,0 et les intensités maximales ressenties dans ce département ont atteint le degré IX, causant plusieurs milliers de morts, principalement à Pointe-à-Pitre.

Le 21 novembre 2004, à 7 h 41, un violent séisme d'intensité 6,3 a encore frappé la Guadeloupe faisant un mort (une jeune fille de 5 ans prénommée Lorie, écrasée par un mur de béton), 2 blessés graves et 400 sans abris avec d'importants dégâts sur les constructions.



 

Facteurs naturels aggravants

 

Hormis les problèmes éventuels posés par la rupture en surface de la faille sismogène, deux types d’effets peuvent être mis en évidence :

- des effets directs, dus à la modification du mouvement vibratoire : ils peuvent conduire à des « effets de site ».
- des effets induits, dus à des ruptures du sol (
liquéfaction, mouvements de terrain : glissements, chutes de blocs et éboulements) qui peuvent modifier l’environnement.
Dans le cadre des atlas communaux, les zones susceptibles de subir de tels effets liés aux conditions de site ont été cartographiées.

Autre effet induit possible, le tsunami (ou raz-de-marée), pouvant être provoqué par un tremblement de terre ou une éruption volcanique.


 

 Carte des failles potentiellement actives en Martinique

La cartographie des failles actives proposée dans le cadre de l'atlas des risques en Martinique présente un document général à petite échelle, extrait de la synthèse sismotectonique régionale de la Martinique (Godefroy et Mouroux, 1991).
Pour l'application des règles de construction parasismique en vigueur, la définition de la zone à neutraliser doit alors être envisagée au cas par cas pour chaque faille considérée.

Tableau récapitulatif des failles

 Voir également

 

Les failles actives

Une faille active est définie comme une fracture plane ou légèrement gauche de l'écorce terrestre, le long de laquelle des déplacements tectoniques peuvent se produire.

Lorsqu'une faille active, à l'origine d'un séisme, débouche en surface :

- elle peut induire des déplacements le long de la ligne de rupture (rupture des terrains à la surface du sol).

- elle peut générer également des mouvements vibratoires particuliers en source très proche, c'est-à-dire dans une zone de quelques centaines de mètres de part et d'autre de cette ligne de rupture ; cet effet peut se traduire par des amplifications aussi bien dans le sens horizontal que vertical.

 

Types de failles
Il existe trois principaux types de failles :

Normale

Inverse

Décrochante

 

Effets des ruptures

Lorsque qu’une faille casse, la rupture peut se propager jusqu’à la surface du sol.
L'apparition d'une faille en surface dépend de la profondeur du foyer (elle doit être faible), de l'amplitude du déplacement au foyer et de la dimension du plan de faille. 

Suivant l'importance des déplacements relatifs des deux compartiments de la faille, les bâtiments édifiés sur ces failles peuvent être gravement affectés, voire totalement détruits. 

Concernant la Martinique, le mouvement relatif des deux compartiments situés de part et d’autre de certaines failles pourrait atteindre, en surface du sol, quelques centimètres à quelques décimètres

 

Détermination des failles actives

On considère en France qu'une faille est active si elle a subi des mouvements significatifs au cours du Quaternaire, c'est-à-dire globalement lors d’une période de moins de deux millions d'années.

La reconnaissance des failles susceptibles d'engendrer des séismes repose sur divers critères liés à la sismicité et aux déformations géologiques récentes observées.
La plupart du temps, les données de la sismicité (relation indubitable entre les foyers des séismes et la structure tectonique considérée) sont insuffisantes pour certifier l’activité d’une faille.
Généralement, on doit aussi s'appuyer sur les preuves géologiques du rejeu récent de ces failles.
Pour retrouver ces preuves de déformations tectoniques récentes, différentes méthodes de la néotectonique (tectoniques et microtectoniques,  morphologiques, stratigraphiques, géophysiques, etc.) peuvent être utilisées. La confrontation des données néotectoniques avec les données sismiques permet alors des interprétations sismotectoniques.

L’identification des accidents potentiellement sismogènes repose d’abord sur une étude régionale de l’aléa sismique.
Les failles sont localisées sur des plans à petite échelle (1/250 000 à 1/1 000 000).
Leur localisation à grande échelle (1/25 000 à 1/10 000) nécessite ensuite des investigations généralement très lourdes et pas toujours garanties de résultats (le tracé pouvant, notamment, être masqué en surface par certaines formations géologiques ou des aménagements anthropiques).
Il est donc mal aisé de délimiter, avec précision et de manière systématique, la zone susceptible d'être affectée soit par une rupture de surface, soit par des effets en champ très proche d'une faille.

 

 

Effets de site

Les irrégularités de la surface topographique et la présence de couches géologiques souterraines de nature et de géométrie variables, peuvent accroître les effets dévastateurs d'un séisme par modification des caractéristiques du mouvement vibratoire.

Les effets de site peuvent être classés en deux grandes catégories :

Les effets de site topographiques : Les sommets des buttes, les crêtes allongées, les rebords de plateaux et de falaises sont souvent le siège d'amplifications importantes, intéressant une large gamme de constructions.

Les effets de site liés à la structure et à la nature du sous-sol : Les caractéristiques mécaniques de certaines formations superficielles (densité, rigidité, compressibilité...), la géométrie de ces formations (empilement, remplissage de fond de vallée, contact tectonique ou stratigraphique) sont susceptibles de modifier le signal sismique.



 

Effet induit : la liquéfaction

La liquéfaction est un phénomène qui se produit sous sollicitation sismique (éventuellement, en bord de mer sous l'effet de la houle ou par suite d'une activité anthropique). 

Le passage d'une onde sismique provoque, dans certaines formations géologiques, une perte de résistance d'un matériau sableux saturé en eau, liée à une augmentation de la pression interstitielle engendrée par les déformations cycliques.

La déconsolidation brutale du matériau se traduit par la déstructuration du sol, rendant particulièrement instables les constructions reposant sur ces formation


 

Les causes de la catastrophe sismique en Martinique

 

Ce n'est pas le tremblement de terre qui tue, ce sont les constructions : l'analyse aujourd'hui de la situation actuelle de notre territoire, la vulnérabilité de son bâti, de ses équipements publics et privés, de ses ouvrages, de son aménagement, conduit à admettre une catastrophe sismique, lors du tremblement de terre majeur attendu.

 

autres photos

 

Pour éviter la catastrophe sismique : construire parasismique

 

La Martinique est en zone de très forte dangerosité sismique (zone III) : les maisons doivent être construites pour résister à au tremblement de terre majeur attendu (intensité minimum 8).

 

B Tout savoir sur la prime régionale à la construction parasismique